mercredi 17 mars 2010

Animations écolières à Florac

Le thème imposé de ces jeux imaginés pour les classes de CP de l'école publique de Florac était celui du Moyen Age… Et comme le projet des institutrices était le jardin, nous avons allègrement conjugué les deux pour parler du jardin au Moyen Age.



Nous en avons vu des choses en l'espace de deux demi-journées : la forme des jardins, leur emplacement, leurs clôtures, les jardins des riches et ceux des paysans ; les plantes, les légumes et les fruits qui y poussaient ; qui les cultivait et comment on travaillait la terre, les baumes, les pommades, les onguents, les philtres, et toutes mixtures fabriqués par l’apothicaire… Mais celle et ceux qui nous ont tous réjouis furent bien sûr la sorcière et tous ces jardiniers fantasques qui tentent de semer des mots…






La potion de la sorcière

La sorcière part au marché
Acheter du chèvrebier
Qu’elle met dans son panier.
Elle ajoute du jus de crevette
Et un peu de pissenlette
Du poisson pourri,
De la poudre de souris,
Un œil de crapaud,
Un demi-litre de menlicot
Quelques dents de chauve-souris,
Deux oreilles d’âne
Une pointe de chouriane
Une patte de girafe et une queue de rat
Des poils de chien, du serpent séché
Sans oublier des crottes de nez.

Elle utilise cette recette pour empoisonner ceux qui l’embêtent !
Selon les cas, elle ajoute de la bave de crapaud, et hop ! le prince disparaît ; du jus de grenouille, et elle transforme le crocodile en oiseau ; une aile de chauve-souris… et elle se trouve un amoureux.




Un jardinier vraiment grognon
Dans son jardin sema le mot estragon
Que poussa-t-il des mots ou de l'estragon
Dans le jardin de ce pauvre ronchon ?

Un jardinier un peu pâlot
Dans son jardin sema le mot rose
Que poussa-t-il des roses ou des mots
Dans le jardin de cet homme morose ?

Les animations écolières dont il est question ici sont organisées à l'initiative de l'Education nationale, par une chargée de mission (Elizabeth Granier) en lien avec le Parc national des Cévennes.

Un abécédaire avec des CP



Bruit de pages



Ils ont aimé ça les petits CP de l'école publique de Florac, revoir l'abécédaire, en fin d'année dernière, sous une forme ludique et imagée ! Le projet était celui de deux institutrices qui ont fait appel aux Ateliers du déluge pour animer les jeux d'écriture, à un plasticien pour les travaux de land-art, et à l'association Kaméléon pour la fabrication d'un livre réunissant l'ensemble des travaux.



Pour être plus précise encore, ce projet s'inscrivait dans une manifestation initiée par la Bibliothèque départementale de prêt de la Lozère, "Bruit de pages" dont l'objectif est de diffuser la connaissance sur le territoire lozérien en allant à la rencontre du public. En travaillant avec les bibliothèques du département, aussi. La bibliothèque de Florac était donc partenaire de cette initiative. Pour cette première édition de Bruit de pages, la thématique proposée était celle de l'environnement.



Petite promenade dans l'imaginaire des enfants des classes de Isabelle Agulhon et Anne-Lyse Mazauric

G comme Greffe
L’arbre-musicien jouerait de la musique dans le vent
Le caillou-magicien transformerait en bonne terre tous les cailloux du jardin
La rivière-pompier éteindrait tous les feux
La feuille-pâtissière fabriquerait des mille-feuilles !

Z
ZZZZ… ZZZZ… Ce matin-là, Aziza, la petite abeille à la robe rayée jaune
et noire, sortit de la ruche pour butiner quelques fleurs. Assoiffée, elle but une goutte d’eau sur une feuille de maïs et se sentit mal. Un bourdon,
qui vit tomber la petite abeille, la rattrapa et prévint la colonie. Les abeilles décidèrent de quitter la ruche, et l’essaim s’envola vers un jardin biologique où les propriétaires n’utilisaient pas de pesticides. Comme les propriétaires avaient une ruche vide, celle-ci accueillit les abeilles de la colonie.

Celluloïd, le journal des détenus de la MA de Mende




Celluloïd, c'est le nom du journal des détenus de la maison d'arrêt de Mende, réalisé avec eux et pour eux, sous l'égide de l'ASDASC (cf. note) et bien sûr de la direction de la prison ainsi que du service d'insertion (SPIP).

Le journal bimestriel se fabrique en équipe, avec l'animation de différents ateliers : "Ecriture journalistique" par les Ateliers du déluge,"Maquette et mise en page" par Anne Aiou, "Illustrations" par Peter Weir, et la collaboration du professeur des écoles intervenant à la maison d'arrêt pour une rubrique particulièrement judicieuse "Le petit dico ou Les mots de la justice".

On ne trouve pas Celluloïd en kiosque, j'allais dire, évidemment, encore que… sa qualité n'a rien à envier à bien d'autres publications.

Comme le disait dans un édito le chef de service du SPIP, "on peut être détenu et avoir des idées, détenu et être créatif, détenu et s'intéresser au monde, détenu et être poète slameur…".

Marlen Sauvage
Note : ASDASC = Association de soutien et de développement de l'action socioculturelle et sportive.

jeudi 5 novembre 2009

De Hugo Eluchard et Kevin Costner !

On n'avait pas de pain
et on allait pieds nus
Tels des loups ennoblis
par leur disparition
Dans une chambre abandonnée
Une chambre en échec
On s'endormait dix mille
On se réveillait cent.

Anonyme

Hommage à Raymond Queneau

Les cristaux de la ruche
tombent en chantonnant
Qu'importe les passions
dans les clartés du jour
Sur la gueule infiniment
où coule seule l'eau

Marie V.

Voulez-vous jouer avec nous ?

L'idée est de revisiter certains poèmes connus ou moins connus, et de les réécrire en négatif… à partir du contraire exact de chaque mot, verbe, adjectif, etc. Un travail de vocabulaire donc, où nous pouvons toutefois laisser libre cours à notre fantaisie.
On peut aussi prendre chez l'un ce qu'on ne rendra pas chez l'autre, et vice versa…

Ci-dessous une tentative, en hommage à Rimbaud :

"J'ai repoussé la nuit, refusé d'entendre les chants sournois des bas-fonds.
Partout le feu était vivant, hors de mon corps, mais palpable. Il suffisait d'y croire. Dans ma fuite lumineuse, j'ai éteint des souffles moribonds et glacés.
En me retournant, j'ai vu les dragons pleurer et s'assoupir."

A vous de jouer !

Marlen Sauvage

mardi 27 octobre 2009

Parler de l'exclusion, avec l'ETES de Marvejols


Une semaine non stop pour écrire sur la précarité, la pauvreté, l'exclusion, avec des étudiants de l'Ecole de travail éducatif et social de Marvejols (ETES). Le projet était mené par les Ateliers du déluge en association avec un artiste plasticien, Jean-Paul Delaitte, qui anima des ateliers de land art en alternance avec les ateliers d'écriture. Au final, une sélection de textes à dire, et de jolis carrés réalisés avec les matériaux de la nature.
©Benoît Poudevigne, Behran Mullon, Baptiste Pages